Jour 13 de la COP21: Le jour le plus long

Bon d’accord, je sais que cette expression a déjà été utilisée, il y a plus de 70 ans, dans des circonstances historiques dramatiques. Mais on peut certes dire que ce qui se passe aujourd’hui dans l’enceinte de la salle de plénière de la COP21 aura un impact aussi immense que le débarquement en Normandie pour l’avenir de l’humanité et la participation de tous les pays au sein d’une coalition la plus large et la plus forte possible est essentielle. Les enjeux sont à la mesure des attentes des peuples du monde entier. Le réchauffement climatique est une terrible menace qui pèse sur toute la planète et sur toutes les formes de vie, y compris la vie humaine, y compris la vie en société. Un échec serait catastrophique, et très rapidement pour les populations déjà vulnérables. (Les dix pays les plus vulnérables au changement climatique : Bangladesh, Guinée-Bissau, Sierra Leone, Haïti, Soudan, Nigéria, République démocratique du Congo, Kampuchéa, Philippines, Ethiopie ; les moins vulnérables : Islande, Norvège, Irlande, Finlande, Luxembourg, Danemark.)

Oxfam activists wear masks of from left, U.S. President Barack Obama, Chinese President Xi Jinping,  French President Francois Hollande, India's Prime Minister Narendra Modi, German Chancellor Angela Merkel and Australia's Prime Minister Malcolm Turnbull as they stage a protest during the COP21, United Nations Climate Change Conference in Le Bourget, north of Paris, Thursday, Dec. 10, 2015.  (AP Photo/Christophe Ena)

(AP Photo/Christophe Ena)

En outre, il est vrai que cette journée sera peut-être la plus longue de toutes celles de la COP21 pour les équipes de négociation. Elle a commencé à 11h30, heure de Paris, aujourd’hui alors que le président de la COP, le ministre des Affaires étrangères du Gouvernement français a rendu public le texte final de ce qui deviendra l’Accord de Paris. Elle a commencé à 11h30, mais nul ne sait quand elle se terminera, car il faut encore que ce texte soit adopté par les 196 parties. On ne vote pas dans les COP21 ; on fonctionne par unanimité ou alors par consensus. Cette incongruité vient de la COP1 elle-même : à Berlin, faute d’avoir réussi à se mettre d’accord sur une façon de voter satisfaisante pour tous, les États ont dû se rabattre sur le consensus. Ainsi chaque article du texte présenté devra être revu par les équipes de négociation, révisé scrupuleusement par des meutes de traducteurs et passé au crible par autant de juristes et si personne ne s’y oppose alors l’article en question est adopté.

Le texte à l’étude remis par Laurent Fabius contient 140 articles, sur 39 pages, avec annexe. C’est bon signe ; ce n’est pas exagérément long et il officialise une hausse maximale des températures de 1,5°. Pour arriver à un tel résultat, Laurent Fabius avait nommé, dimanche 6 décembre, 14 « facilitateurs » chargé de l’assister cette semaine pour obtenir le succès espéré et dont la tâche consistait à mettre les parties d’accord sur différentes aspects. CLIQUER ICI POUR LIRE LA SUITE

[haut de page]